Accéder à la post-production cinéma.

Le second volet de notre série d’articles consacrés à la démystification des technologies du cinéma est naturellement dévolu, après celui de la caméra de cinéma à la post-production cinématographique. La post-production est une étape aussi passionnante et riche que la réalisation. La post-production qu’est-ce que c’est ? et quelle est son étendue ?

La post-production recouvre l’archivage des plans tournés (rushs), le montage (ordonner et rythmer les plans, scènes et séquences), l’étalonnage (correction de la colorimétrie et design visuel au niveau d’un plan, d’une scène, d’une séquence), le design sonore (correction sonore, création et intégration d’effets sonores, enregistrement ou post-synchronisation de dialogues, composition musicale, mixage et mastering audio), la composition et l’intégration d’effets spéciaux éventuels et finalement l’encodage pour l’ exportation sur support physique (DVD, Blu-ray) ou digital (fichiers DCP pour la projection numérique, fichiers pour le streaming VOD).

L’export DCP pour la projection numérique en salle de cinéma, un processus logiciel désormais accessible

 

Des films qui ont du look

L’étalonnage de couleurs est l’étape technique et artistique durant laquelle l’identité visuelle du film est harmonisée et renforcée. Globalement deux types de travail ont lieu, un travail préalable de correction (Color Correction) puis un travail créatif (Color Grading).

Les modifications faites sur l’image au cours du travail d‘étalonnage sont très étendues (luminosité, contraste, couleurs, …), parfois très complexes et subtiles (nombreuses corrections sur un seul et même plan, correction sur un élément précis dans le plan) et les besoins très divers (travailler la peau, le visage ou la chevelure d’un acteur, la texture d’un objet, l’ambiance d’un environnement) avec l’objectif toujours présent de créer un film au style visuel global identifiable, unique et surtout uniforme. C’est ainsi que l’univers colorimétrique chaud et accueillant d’un film comme Amélie Poulain se distinguera de celui plus distant de The Matrix ou plus froid de Prometheus.

L’ aspect visuel final d’un film, résultat du travail de photographie et d’étalonnage

Post (?) production

Dans notre article consacré à la définition de la caméra cinéma vous avez découvert, de l’aveu des plus grands cinéastes, à quel point les technologies du cinéma sont désormais simplifiées et accessibles. L’évolution de la technologie digitale de cette décennie a donné au cinéaste des moyens sans précédent lui permettant d’obtenir avec une extrême rapidité et agilité un rendu cinématographique d’une précision égale à celle de son imagination (et de ses compétences).

Si la Réalisation et la Post-production opéraient autrefois en aveugle, ces deux univers sont désormais très connectés, communiquant avec synergie, les équipes de réalisation et post-production pouvant même aller jusqu’à partager le terrain du tournage si l’envergure et la stratégie de la production le permettent ou justifient…

Préparer et prévisualiser le rendu de post-production dès le tournage!

Des possibilités technologiques par ailleurs accessibles sur des caméras telles les Blackmagic Pocket et Panasonic GH5. Mais attention, il y a souvent un monde (de détails) entre la théorie, les spécifications techniques et la pratique (autant d’aspects évoqués et expérimentés dans notre thématique de cours Science du cinéma et Réalisation).

Sur les productions purement digitales, plus rien n’est impossible en terme d’image, tel le souhait de retourner en une semaine des centaines de plans à la cinématographie élaborée (sur All the Money in the World Ridley Scott communiquait en télé-distance avec son étalonneur obtenant 4 heures plus tard le rendu définitif des nouveaux plans tournés et déjà intégrés dans le montage du film…). De plus en plus de réalisateurs n’hésitent d’ailleurs plus à franchir le cap de la post-production pour le pré-montage ou pré-étalonnage de leur film (Steven Soderbergh avec Paranoia ou encore Christopher McQuarrie avec Mission: Imposible – Fallout éditant tous deux leur film depuis leur chambre d’hôtel)

All the Money in the World (2017) de Ridley Scott.

Dans  ce rapport désormais si intime entre technologies de réalisation et de post-production il est critique de réaliser le bon choix matériel et de posséder une connaissance technique exemplaire afin d’établir un pont non seulement opérationnel mais aussi pragmatique. Ce qui peut théoriquement faciliter la vie et faire gagner des heures ou des jours peut à l’inverse se transformer en cauchemar pour le cinéaste ayant une conception par trop simpliste de la technologie qui se résumerait au seul facteur de la « puissance » de la caméra et de l’ordinateur.

Au final, pour le cinéaste portant l’ensemble ou le plus gros des casquettes artistiques et techniques, la problématique pourra se résumer en ces termes: plus le design et les corrections cinématographiques dépendent de la post-production, plus grande et précise doit être la connaissance et la maitrise des technologies à l’œuvre sur l’ensemble de la chaine de production .

 La post-production hollywoodienne chez soi

En terme technique tous les professionnels à l’œuvre d’une production cinématographique recherchent la même chose  :  travailler avec méthodologie et s’exprimer avec la plus grande créativité possible, et ce, de la manière la plus  véloce possible. En post-production, le logiciel à la responsabilité de fournir les outils correspondants à ces besoins. Il en existe plusieurs (une poignée d’entre eux se partageant le marché de la post-production professionnelle) et à notre sens un seul d’entre eux parvient mieux que les autres à proposer une solution pragmatique et dotée des fonctionnalités les plus exhaustives, le logiciel DaVinci Resolve de la société Blackmagicdesign (également fabricant d’innovantes caméras professionnelles, preuve encore une fois de ce rapport si intime entre technologies de production et de post-production).

Fruit de plus d’une trentaine d’année d’expérience et d’amélioration continuelle, DaVinci Resolve est actuellement le logiciel le plus innovant du marché professionnel et utilisé depuis plusieurs décennies sur les plus grandes productions Hollywoodiennes. Le logiciel propose une solution de post-production intégrale inégalée au monde permettant le montage, les effets visuels, l’étalonnage, le traitement audio et l’encodage pour la distribution du projet (comprenant notamment, comme nous l’avons déjà mentionné, l’option très convoitée du format DCP destiné à la projection numérique en festivals et salles de cinéma).

Je suis étalonneur depuis les années 90 et j’utilise DaVinci Resolve pratiquement depuis toute ma carrière. Il y a d’autres systèmes qui sont aussi très bien, mais pour le genre de projet sur lesquels je travaille et la façon dont j’aime travailler, je trouve que c’est le plus rapide et le plus intuitif sans compter les mises à jour très régulières grâce auxquelles je trouve des outils qui m’aide à être encore plus efficace, Colorist Stephen Nakamura on grading Stephen King’s It

Les archives de presse et articles techniques disponibles sur le site Blackmagicdesign remontent jusqu’à l’année 2002. N’hésitez pas à les consulter, il s’agit d’une source d’informations de première mains issus des sociétés de post-production, monteurs, étalonneurs ou directeurs de la photographie exposant leur travail avec DaVinci Resolve : Dernières actualités et archives des communiqués de presse

Concrètement, la post-production chez soi ça ressemble à quoi?

Il y a deux composantes à la post-production: un environnement matériel permettant d’exécuter et de travailler avec la partie logicielle.

L’environnement matériel

UNE CONFIGURATION MATÉRIELLE « SATURÉE » DE PRODUITS BLACKMAGICDESIGN

L’application logicielle

GESTION DES MÉDIAS, MONTAGE, EFFETS SPÉCIAUX, ÉTALONNAGE, TRAITEMENT AUDIO

La post-production professionnelle à quel prix ?

DaVinci Resolve est disponible en 2 versions. Une version gratuite dépourvue d’options avancées, absolument dispensable au cinéaste dans la nécessité de produire un film coute que coute, et une version payante (vraiment très accessible) impérativement recommandée si vous utilisez les configurations les plus performantes de caméras telles un Panasonic GH5 ou Blackmagic Pocket  Cinema Camera 4k, si souhaitez bénéficier d’effets d’images avancés ou d’options très spécifiques telle l’exportation en format DCP.

Ce n’est pas tout de pouvoir télécharger un outil de post-production de calibre hollywoodien encore faut-il pouvoir le faire fonctionner! Autrement dit il vous faudra disposer d’un ordinateur capable de s’acquitter d’une tâche hautement professionnelle. Dans notre module dédié à la post-production vous apprendrez le rôle que joue chaque composant matériel informatique dans le processus de post-production et serez dès lors à même d’identifier les configurations les plus pertinentes (et dans une gamme de prix raisonnable).

Le jeune cinéaste qui souhaite se lancer et travailler de façon indépendante ne peut rêver d’une époque plus propice. En des temps pas si éloignés que ça, techniciens et cinéastes n’avaient pas d’autres choix que de passer par la filière des studios de production en travaillant par ailleurs des mois durant avec une logistique matérielle (tant pour la réalisation que pour la post-production) extrêmement couteuse et ingérable pour un individu seul. Aujourd’hui une telle ambition, personnelle et professionnelle, est désormais accessible à tous les cinéastes débutants et/ ou indépendants.

Les techno-cinéastes les plus passionnés pourront retrouver dans le dossier spécial caméras des Cahiers du Cinéma – de l’iPhone à l’IMAX (datant de 2016) des articles et interviews consacrés aux éléments techniques que nous avons abordés ici (caméras digitales et caméras professionnelles bon marché Blackmagic/ Panasonic, processus DIT pour la réalisation/ post-production), exception faite des sujets trop contrariants pour les filières professionnelles établies tels les exemples de films réalisés avec des caméras ne coûtant rien ou encore la mention de challenges de caméras tel le shootout Zacuto, autant d’informations stratégiques non ou mal médiatisées et dont la carence, comme le dit ouvertement Steven Soderbergh (nous permettant ainsi de conclure en bouclant la boucle), concourt à ce que beaucoup de cinéastes contemporains n’ont pas la moindre idée d’à quel point ces technologies sont avancées aujourd’hui.